Vendredi soir, je me suis sentie en vacances, mais dans ma tête, il restait beaucoup de pensées tumultueuses. Je  ne savais pas si je devais sauter en l'air ou soupirer de voir tous mes élèves partir, moi les regardant affectueusement, des bouquets de fleurs plein les bras.

 

Bon, je recule d'un jour.
Jeudi soir, pot et repas froid, car 4 collègues partent.

Je vais doucement, juste une bière, le lendemain on travaille et je suis en voiture.

"Ah bon ? Plus d'une et tu es en infraction ?" Oui, je suis joueuse mais tout de même. J'annonce à mes collègues qui me posent inéluctablement la question suivante ? "Alors tu pars quand ?"
Je ne réponds plus comme j'en ai envie, un truc du genre disant que je n'ai pas de sous, et puis que Rennes est une belle ville.

J'explique que je pars rencontrer des gens que je ne connais que par le net.

Certains sont intéressés, mais une est affolée. J'ai plein de conseils de prudence, on ne sait jamais, on voit tellement de choses et blablabla. J'essaie d'expliquer que je sais où je vais, que j'ai déjà des contats avec eux autrement, mais je garde au bout d'un moment mon énergie. J'en laisse une déblatérer et se plaindre sur les effectifs, puis je rentre. Je veux garder des forces pour me préparer pour mon weekend.

 

Je pars avec Katia qui ne me connaît pas, que je ne connais pas, et qui va me prendre au vol. Elle arrive en bas de chez moi, et monte, on s'embrasse, elle est adorable, jolie comme un coeur, et d'un geste affectueux, me dit en me carressant le bras qu'elle est contente d'être là. En quelques minutes nous sommes déja amies, complices, proches.
Le voyage est laborieux, les enfants se chamaillent, on se perd, mais on ne perd pas notre amitié si fraîche.

Puis on arrive après des détours pas possibles chez Anne et Gilles.

Je ne les connais pas non plus, mais j'avais déjà vu le blog d'Anne.

On commence par boire un coup et manger une tarte aux framboises de leur jardin, on est ensemble au propre comme au figuré. Je découvre qu'Anne exerce le même métier que moi, on se trouve assez vite.

bulle  Nous voilà dans une bulle de bonheur.

Tout est naturel, simple, leurs enfants fantastiques, ils nous accueillent comme si nous étions de la famille, même leurs ados. Deux sont affalés dans un vieux canapé dehors. Je leur fais un signe de la main en souriant, ils me répondent de même. Tout est naturel.

C'est vraiment festif pour l'âme.

On a fait beaucoup de balades : j'ai retrouvé les champs de coquelicots de mon enfance, fragiles et éphémères comme le bonheur, et si beaux si uniques. Comme cet endroit.

blé coquelicot

descente moi et arthur

Là, nous descendions vers des maisons troglodytes. C'était vraiment d'un autre monde, et j'avais des envies de retraite au frais.

 

troglo

Nous étions 16 à table. Cela faisait une bonne tablée.

tablée

Puis il faut attendre la nuit. Laquelle arrive très vite, parce qu'on est tellement bien, qu'on ne voit pas le temps passer.

Et Arthur apparaît dans la nuit, le chevalier de feu ! Juste pour nous faire plaisir.

 

arthur bâton

 

arthur feu

C'est impressionnant.

Je le trouve superbe, majestueux. J'ai peur et je suis fascinée, je pense à Anne, difficile d'être maman dans ce cas, mais elle traverse tout ça avec sa simplicité et reste droite, paisible.  Je voudrais que mes enfants voient ça, mais voilà, je suis là sans eux, je leur raconterai.

Arrive la nuit, dans le chantier, sur un matelas, il fait chaud, mais je m'endors vite d'un sommeil réparateur.

 

Quand est arrivé le moment de nous séparer, je me lève sans hésiter, il est des départs qu'il faut abréger. Nous voulions aussi rester sur le meilleur. Il est des moments tellement beaux, qu'il ne faut pas les laisser se souiller par la routine.

Qu'à cela ne tienne, on va reprendre la route. Plein de bisous, de rigolade.
Gilles nous tient la grille pour que l'on sorte. Je contemple cette personne avec admiration et reconnaissance. De la paix et de l'amour à l'état pur. Sans artifices, à profusion.
Je me retourne et je fais des signes de la main jusqu'à ce que je ne les voie plus. Anne drapée dans sa robe qui flotte au vent, sera ma dernière image. Un beau tableau plein de sérénité.

Je ne peux que vous souhaiter de vivre les mêmes moments.
Katia n'habite pas loin, on va se revoir très vite. Et j'ai dans l'idée d'accueillir tout ce petit monde dans ma Brocéliande. C'est évident, ils le méritent.