Je suis prête, archi prête.

Je me suis faite à l'idée d'avoir un CE1/CE2, un niveau pas facile à cheval sur deux cycles, avec seulement le sport en commun.
J'ai bossé cet été, pour me faire un maximum de fichiers d'autonomie, et tout le reste.

 

Et cet après midi, comme je n'avais pas envie de faire du ménage, ni du courrier, je suis passée à mon école, car ma meilleure amie y était.

On se fait la bise, on va faire des courses pour l'école, je grille la plastifieuse,  on admire notre boulot réciproquement, et on rigole de tout et de rien. Bref, un début de rentrée sympa. Je vous l'accorde, j'ai de la chance d'aller au boulot, en me disant que je vais retrouver des copains et copines.

 

Mais tout est prêt, trop prêt.

Les inscriptions se sont poursuivies. Nous sommes au dessus du maximum comme effectifs. Par exemple, une collègue de CE2 en a 34, et moi dans mon double niveau,27. C'est vrai c'est beaucoup.

Mais on le signale depuis des lustres, toutefois, c'est ainsi fait :

le jour de la rentrée, je vais accueillir mes élèves. Des tas de petits papotages avec les parents, certains qui auront flippé, seront contents ou pas d'être avec moi, mais dans l'ensemble ils m'aiment bien.

On va monter dans les classes, s'installer, et les enfants seront comptés comme de la marchandise.

Si le nombre se confirme, nous allons (même si c'est déjà fait depuis plusieurs mois), signaler, faxer, téléphoner, mailer, pleurer, et nous aurons peut être l'ouverture. En principe c'est obligé, mais bon, avec le mammouth, et son copain municipal, on est mal.

Et si on a une ouverture, il va se passer les choses suivantes :

- Casse tête pour recalculer les classes, tout refaire, que des doubles niveaux, plein vont râler, d'autres seront contents. C'est là qu'on voit se côtoyer les syndicaux et les pré-retraités.

- Un matin, après l'appel, je vais devoir annoncer aux enfants qu'ils doivent dégager vider leur casier et changer de classe.

- Certains vont se retrouver avec des camarades qu'ils aiment, d'autres pas.

- Certains vont avoir un maître ou une maîtresse qu'ils aiment ou n'aiment pas.

- Certains seront sur la classe ouverte, pour laquelle, un collègue sera nommé en urgence, et prévenu la veille pour le lendemain, qu'il aura un poste. En plus, c'est souvent à des débutants que sont attribués ces classes.

 

Donc, ça va être le merdier  souk. Une rentrée fatiguante, mais on ne peut pas tout avoir, on la demande cette ouverture.

Personnellement, je m'en fous un peu, je me suis faite à l'idée de ce double niveau, mais les gamins ! Ouch !

Les petits pitchouns ! Je me mets à leur place, et à celle du collègue qui va débarquer ! Sans penser au boulot que ça va nous demander.

 

Vous ne trouvez pas que les mammouths exagèrent ? Car sur ce coup là on en a deux : le national et le municipal.

Il va falloir qu'ils se mettent d'accord, et qu'on gère.

Moi, je trouve que depuis 2 ans qu'on signale ces gros effectifs, ils auraient pu s'en occuper avant, et nous croire.

Mais non, on ne va pas demander à un mammouth, que dis-je, à deux mammouths de faire preuve de souplesse. Ils vont rayer leur jolie moquette avec leurs défenses, en écrasant au passage tout concept de pédagogie.

 

La suite au prochain épisode. À votre avis, ça va donner quoi ?