Reprise, reprise, Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! Que n'ai-je tant vécu que pour cette infamie !

 

C'est amusant, comme ces mots restent en mémoire après tant de temps.

Cela étant dit, voici la raison de tant de dépit.

 

J'ai préparé ma rentrée, avec application.

Dans un souhait d'efficacité, et de lisibilité. Merci Word et Google qui sont mes amis.
Merci mon imprimante fidèle bien que coûteuse.

Merci à tous les collègues qui mettent leur travail en ligne, bien qu'il soit en PDF.

 

Bref, ce matin, de bon pied, de bonne heure, enfin selon moi , (midi), je me rends à mon deuxième domicile : mon école.

Je suis chargée de 9 gros classeurs à levier, tous studieusement remplis. Et au moins autant de livres, manuels et autres.

J'ai un double niveau à la rentrée, et il était préférable de bien penser la chose.

Je salue mon directeur, c'est fou ce que nous sommes souriants en début d'année. Et je monte.

J'installe toute ma classe, je transporte l'ordinateur seule, je fais les branchements, et .................... Mot de passe incorrect. Il est vrai qu'avec le mammouth, il faut montrer patte blanche. J'en essaie un autre, assez interdit, mais que je sais valable.

"Votre connection est très limitée, voire inexistante". Alors après avoir peiné pour tout transporté et branché, je lâche l'affaire. Je continuerai chez moi, ou j'essayerai avec un autre câble.

 

Alors, je sors mes classeurs, mon parapheur pour trier mes feuilles à photocopier. Et je descends.

Il n'y a plus de "toner" dans la photocopieuse.

Alors je descends encore plus bas, toujours chargée de feuilles, de classeurs, et j'en passe. Je me dirige vers la photocopieuse du rez de chaussée, réservé à la direction, dont nous avons l'usage, je le branche et .............. Devinez ?

Toner vide.

Le directeur est bien entendu parti. Je pense que l'ambiance à la pré-rentrée va être compliquée sans photocopieuse. Je laisse un mot, et j'envoie un mail.

Mais c'est tout de même frustrant de tout préparer, sans pouvoir installer.

Photocopie ailleurs Isabelle ! Et bien non ! Avec un effectif de 30 et je ne sais combien de matières, cela serait trop coûteux.

 

Autre chose me contrarie.

On m'a sollicitée pour surveiller les études du soir, afin que cela se passe mieux. Il est vrai que c'est un vaste champ de bataille.

J'ai creusé la question. Et bien non, je ne les ferai pas. La place est réservée à une auxiliaire de vie scolaire qui a besoin d'argent, mais qui est totalement inefficace. Genre, les enfants jouent aux billes dans la classe, et les devoirs ne sont pas faits. Les parents râlent et je les comprends.

Alors ma question est la suivante :

L'école est-elle une oeuvre de bienfaisance pour personnes incompétentes ? Ou est-elle gérée avec une seule priorité : les enfants.

Et bien , voilà ma réponse :

- Je surveillerai la cantine, et elle discutera avec les élèves, et le lendemain, les enseignants se fâcheront car les leçons ne seront pas apprises.

J'ai aussi besoin d'argent, mais la cantine, selon moi, c'est plus adapté pour des non-enseignants.

Qu'à cela ne tienne. J'attends qu'il y ait un autre problème, du genre : " Machin et truc se sont sauvés de l'école à 16h30 !"

 

Voilà, cela me contrarie, car j'ai toujours eu du mal à supporter le laxisme, surtout dans ce genre de situation. Alors il va falloir que je gère les leçons ou devoirs, en sachant qu'ils ne seront pas faits, ou que les parents devront se les taper à 19 heures après une longue journée de travail.

 

Je ne vous cache pas que je mesure mes mots, car je suis soumise à un devoir de réserve.

Cela étant dit, je vais aller sur mon canapé, regarder une ânerie à la télévision, et oublier un peu le mammouth.

Bonne rentrée aux mamans, aux papas, et aux enfants.  Je suis bien contente de les retrouver.