A l'école.

03 janvier 2015

Les vacances sont finies ..................

Voilà voilà comment ont commencé mes vacances.

Tout d'abord, il y a eu le dernier jour de classe avec tout ce que ça implique.
L'euphorie d'avoir terminé les livrets et le repos qui se profile, puis les petites têtes blondes (en fait je n'ai que 2 ou trois blonds) qui s'en vont.

La plupart s'est sauvée en courant sans me dire au revoir, et bien je n'ai pas aimé.

Ensuite je fais mon tour de politesse auprès de l'association des parents qui offraient un café. (l'odeur était celle d'un mauvais café réchauffé, alors je n'en ai pas pris).
Puis des mamans aussi grosses que leur poussette qui me bousculaient en rigolant pendant que j'essayais de sortir de la pièce, elles ont même poussé le luxe à dire un truc du genre : "Oh mais on vous empêche de passer", et de forcer le passage en cassant quelques fleurs gentiment offertes par une maman. (Elle bien élevée).

Je cherche partout le dirlo introuvable pour lui filer les sous des photos, car il ferme son bureau à clé et garde les clés dans sa poche.
Au bout de trois fleurs cassées je le trouve, et je lui file les sous.

Et je me sauve sans dire au revoir, après tout je ne serai pas la seule.

 

Arrivée chez moi , direction le canapé, mon cartable et mon pc posés à la hâte dans l'entrée.
La soirée fut bien agréable, mais j'étais nostalgique de ces au revoir qui n'en étaient pas.

Et la nuit je fais un rêve.
En gros, je tentais de rentrer chez moi, mais je n'avais pas les clés. Impossible de les retrouver.

Le matin petit déjeuner au lit, et je réfléchis à ce rêve. Je le trouve assez révélateur. Pas de clés, pas prête à vivre pour ma petite personne chez moi. Donc, je laisse toujours le barda dans l'entrée, et je fais mes courses et mes derniers achats de Noël.

Deuxième nuit : je rêve, et ce fut désagréable, que mes élèves envahissaient mon appartement de façon vraiment pénible. Et je n'étais pas du tout contente, je voulais m'en débarasser, mais c'était dur.
Petit dej au lit, deuxième réflexion, et là aussi je comprends................
Mon boulot a trop d'importance, si je veux vivre pour moi, je planque tout.
Alors j'ai planqué le cartable, le pc portable, tous les bouquins (et ce n'est pas peu dire), et je suis allée au cinéma.

J'ai profité de mes vacances, j'ai pouponné ma merveilleuse petite fille, j'ai profité de ma troupe, et ce fut un chouette Noël.

Et ces rêves particuliers m'ont bien aidée.
Nous sommes samedi, alors là je bosse parce qu'il est grand temps.

Mais j'ai oublié mon boulot pendant une dizaine de jours.
C'était biiiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnnnnnnnn !

 

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11 septembre 2013

Chinoiseries

Si elle était une couleur, elle serait celles de l’arc en ciel, ayant besoin de la pluie pour être vues.

Si elle était un vêtement, elle serait une cape transparente. Elle protège du vent, mais ne cache rien.

Si elle était un animal, ce serait une licorne, très belle, mais craignant à chaque fois qu’elle s’approche de blesser.

Si elle était une partie du corps, ce serait les yeux, noisette. Ils supportent la lumière, et peuvent regarder le soleil en face.

Si elle était un objet, ce serait un violon, un très beau son, mais demandant beaucoup de virtuosité.

Si elle était un fruit, ce serait une clémentine, sucrée, mais parfois trop acide.

Si c’était une heure de la journée, ce serait la fin de l’après midi, après une journée bien remplie.

Si elle était un adjectif, ce serait impossible, et palpitante.

Si elle était une ville, ce serait Tréhorenteuc, en plein cœur de la Brocéliande, près du Val sans Retour, où on laisse son cœur.

Si elle était un nom commun, ce serait « défi ».

Si elle était un pays, ce serait : « Les îles Marquises »

Si c’était une écriture, ce serait un mélange de cursive et de scripte avec de grands traits.

Si elle était un siège, ce serait un divan moelleux.

Si elle était un livre, ce serait « Le portrait de Dorian Gray », d’Oscar Wilde.

Si elle était une fleur, ce serait un géranium lierre.

Si elle était un bijou, ce serait une perle montée sur une chaîne très fine et fragile.

Si elle était un moyen de transport, ce serait une moto grosse cylindrée et sportive.

Si elle était une photo, ce serait celle qui est à la fin de ma note.

Si elle était un sentiment, ce serait l'amour... Sous toutes ses formes.

Si elle était un art, ce serait le néo réalisme.

Si elle était une matière, ce serait l’air.

Si elle  était un geste, ce serait le fait de se redresser.

Si elle était un lieu, ce serait la Brocéliande.

 

La vie.

054

Normalement il fallait parler d'un des nôtres, mais j'ai choisi de parler de ma vie............

À vous !

 

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14 juillet 2013

Et si ..........

Je rajeunirais bien d'une semaine.............

 

Je serais chez Anne et Gilles avec Katia et leur troupe. Je serais en train d'émerger avec eux, leurs grandes tables au soleil.

bulle


Mais si je pouvais rajeunir d'une semaine, je suis sûre que je ne m'en contenterais pas.

Je supprimerai mon dernier ex en date, puis non contente de ça, je retournerai en arrière pour ne pas épouser mon deuxième mari..
Et, il n'y aurait pas de mutation à Rennes, cette ville que j'aime par dessus tout. Sans compter la Bretagne et sa forêt.

 

Je remonterais encore plus, et je quitterai mon premier mari plus vite. Mais je n'aurais pas ces trois enfants magnifiques, donc pas cette petite fille qui dort dans son lit en ce moment et qui se réveillera comme toujours en rigolant.



daphné

Photo : dans la bobick box...

Daphné Villette

Je remonterais encore plus, et je finirais mes études d'assistante sociale en milieu hospitalier.

 

Je serais peut être une vieille aigrie........ Beurk.

Là pas de photo.

 

Mais si j'exerçais ce métier, je n'aurai pas eu ce poste à responsabilité chez le seigneur des demandeurs d'emploi, lequel m'a tant gavée que j'ai bossé pour mon concours chez le mammouth. Concours que j'ai réussi, et qui me vaut cette mutation, et le plaisir passé de leur coller ma démission en leur disant "je reprends mes études".

 

Et je ............................... Et si ................................

Je serais sûrement cette petite bourgeoise catho, blondinette avec son noeud dans les cheveux et son petit collier de perles. Si, je vous assure, j'ai été comme ça.
Avec ma grosse voiture, mon tailleur bleu marine, sage, qui ne buvait pas une goute d'alcool.

Je ne le savais pas, mais je m'ennuyais prodigieusement.

Donc au bout du compte, en faisant le bilan.
Je suis en appartement, j'ai plus de maison, une vieille clio, je bois une bière de temps en temps, plutôt deux ou trois en cas de weekend ou de fête.

Mais je ne m'ennuie pas. Ou plus, ma vie est riche de toutes mes conneries passées, elles m'on menée lentement à la vie que j'ai, et c'est très bien comme ça.
Mon métier me passionne, mes enfants mes amis, mes emmerdes.......... ;)

Quand je pense à ce que j'aurais pu être, je me dis que c'est très bien de vivre au présent, car le passé nous y emmène doucement, et il fait bien.

Donc je ne rajeunirai pas d'une semaine, je pense aux semaines à venir, et à l'instant présent. Et il me va très bien comme ça.

On ne peut pas voyager dans le temps. C'est bien plus raisonnable.

Cela m'aura empêchée de rester raisonnable.

Et vous ?

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07 juillet 2013

Mammouth - Soleil - Bulle de bonheur

Vendredi soir, je me suis sentie en vacances, mais dans ma tête, il restait beaucoup de pensées tumultueuses. Je  ne savais pas si je devais sauter en l'air ou soupirer de voir tous mes élèves partir, moi les regardant affectueusement, des bouquets de fleurs plein les bras.

 

Bon, je recule d'un jour.
Jeudi soir, pot et repas froid, car 4 collègues partent.

Je vais doucement, juste une bière, le lendemain on travaille et je suis en voiture.

"Ah bon ? Plus d'une et tu es en infraction ?" Oui, je suis joueuse mais tout de même. J'annonce à mes collègues qui me posent inéluctablement la question suivante ? "Alors tu pars quand ?"
Je ne réponds plus comme j'en ai envie, un truc du genre disant que je n'ai pas de sous, et puis que Rennes est une belle ville.

J'explique que je pars rencontrer des gens que je ne connais que par le net.

Certains sont intéressés, mais une est affolée. J'ai plein de conseils de prudence, on ne sait jamais, on voit tellement de choses et blablabla. J'essaie d'expliquer que je sais où je vais, que j'ai déjà des contats avec eux autrement, mais je garde au bout d'un moment mon énergie. J'en laisse une déblatérer et se plaindre sur les effectifs, puis je rentre. Je veux garder des forces pour me préparer pour mon weekend.

 

Je pars avec Katia qui ne me connaît pas, que je ne connais pas, et qui va me prendre au vol. Elle arrive en bas de chez moi, et monte, on s'embrasse, elle est adorable, jolie comme un coeur, et d'un geste affectueux, me dit en me carressant le bras qu'elle est contente d'être là. En quelques minutes nous sommes déja amies, complices, proches.
Le voyage est laborieux, les enfants se chamaillent, on se perd, mais on ne perd pas notre amitié si fraîche.

Puis on arrive après des détours pas possibles chez Anne et Gilles.

Je ne les connais pas non plus, mais j'avais déjà vu le blog d'Anne.

On commence par boire un coup et manger une tarte aux framboises de leur jardin, on est ensemble au propre comme au figuré. Je découvre qu'Anne exerce le même métier que moi, on se trouve assez vite.

bulle  Nous voilà dans une bulle de bonheur.

Tout est naturel, simple, leurs enfants fantastiques, ils nous accueillent comme si nous étions de la famille, même leurs ados. Deux sont affalés dans un vieux canapé dehors. Je leur fais un signe de la main en souriant, ils me répondent de même. Tout est naturel.

C'est vraiment festif pour l'âme.

On a fait beaucoup de balades : j'ai retrouvé les champs de coquelicots de mon enfance, fragiles et éphémères comme le bonheur, et si beaux si uniques. Comme cet endroit.

blé coquelicot

descente moi et arthur

Là, nous descendions vers des maisons troglodytes. C'était vraiment d'un autre monde, et j'avais des envies de retraite au frais.

 

troglo

Nous étions 16 à table. Cela faisait une bonne tablée.

tablée

Puis il faut attendre la nuit. Laquelle arrive très vite, parce qu'on est tellement bien, qu'on ne voit pas le temps passer.

Et Arthur apparaît dans la nuit, le chevalier de feu ! Juste pour nous faire plaisir.

 

arthur bâton

 

arthur feu

C'est impressionnant.

Je le trouve superbe, majestueux. J'ai peur et je suis fascinée, je pense à Anne, difficile d'être maman dans ce cas, mais elle traverse tout ça avec sa simplicité et reste droite, paisible.  Je voudrais que mes enfants voient ça, mais voilà, je suis là sans eux, je leur raconterai.

Arrive la nuit, dans le chantier, sur un matelas, il fait chaud, mais je m'endors vite d'un sommeil réparateur.

 

Quand est arrivé le moment de nous séparer, je me lève sans hésiter, il est des départs qu'il faut abréger. Nous voulions aussi rester sur le meilleur. Il est des moments tellement beaux, qu'il ne faut pas les laisser se souiller par la routine.

Qu'à cela ne tienne, on va reprendre la route. Plein de bisous, de rigolade.
Gilles nous tient la grille pour que l'on sorte. Je contemple cette personne avec admiration et reconnaissance. De la paix et de l'amour à l'état pur. Sans artifices, à profusion.
Je me retourne et je fais des signes de la main jusqu'à ce que je ne les voie plus. Anne drapée dans sa robe qui flotte au vent, sera ma dernière image. Un beau tableau plein de sérénité.

Je ne peux que vous souhaiter de vivre les mêmes moments.
Katia n'habite pas loin, on va se revoir très vite. Et j'ai dans l'idée d'accueillir tout ce petit monde dans ma Brocéliande. C'est évident, ils le méritent.

 

 

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03 juin 2013

Un drôle de monde.

Je ne sais pas comment analyser cela, ou je n'en ai pas le courage.

 

Je vous ai déjà parlé des CLIN. Classe d'intégration pour non francophones.

 

Je me suis beaucoup mobilisée, puis overbookée par mon double niveau, fatiguée et un peu lasse, j'ai baissé la garde. J'ai eu aussi envie de vivre pour moi, pour mes enfants, ce qui est un peu nouveau.
J'apprends à prendre soin de moi. Ceux qui connaissent mon histoire comprendront.

Je dois dire aussi que certains de ces enfants sont très difficiles, voire épuisants.

Les Georgiens racistes à un point sordide, les Tchètchènes indociles, les Mongols du sexe masculin les rois du monde, des Africains aimant faire le geste "je vais t'égorger", je me suis retrouvée assez écoeurée, ne sachant où me situer entre les assistés chroniques abusant, et ceux en grande détresse.
Le pire, c'est que ce sont les plus démunis qui se font aligner.


ALors, j'ai privilégié mon premier métier : enseigner à des enfants "enseignables", je ne suis pas spécialisée, et gérer en plus de mon double niveau CE2/CM1 des gosses n'ayant jamais tenu un crayon et n'en ayant rien à foutre, parfois prenant l'école comme un squatt ainsi que leurs parents, j'ai failli virer de bord, et devenir un tantinet intolérante.

 

Heureusement, j'ai toujours mon empathie pour les enfants. Cette foutue fonction qui nous sauve quand on est fatigué, quand le mammouth nous laisse nous démerder, cette fonction qui nous empêche de devenir un vrai dragon traumatisant pour ces schtroumpfs. J'ai une collègue comme ça, et tous les jours, je me dis que c'est ce qu'il ne faut pas faire.
Et n'exagérons pas, mon école n'est pas en ZEP. Nous ne sommes pas  à plaindre.

Les enfants rois pourris gâtés me soulent bien davantage, et leurs parents par la même occasion.

"Maitresse, tu pourrais me donner le travail pour la semaine prochaine ? Je ne serai pas là.

- AH bon ? Pourquoi ?

- Je pars plusieurs jours à Disney Land pour mon anniversaire."

Ceux là, pfffffffffffffff, ils me soulent aussi, bien plus même !

 

La suite de ma note a disparu, peut être en avais-je trop dit.

Sachez que la police des frontières vient pour pister des enfants, et d'un seul coup, nous devenons ignares.

PAF ! C'est leur sigle. PAF ! la mémoire en rade.

 

Mais ils ont trouvé la mère, l'ont mise en rétention administrative. Vous voulez voir ?

 

Et bien si un juriste passe par là, ou si vous en connaissez un qui puisse me dire (textes à l'appui) qui a le droit d'entrer dans ma classe de force pour chopper un enfant, je suis preneuse.

 

En attendant, je trouve que c'est assez sordide, je n'ai jamais vu ça de toute ma carrière.
Et parfois il me vient une pensée..
Vous savez ce fameux réchauffement qui va faire geler l'Europe, vous croyez que les pays du sud qu'on a tant bafoué, dénigré nous accueilleraient ?

Peut être qu'eux aussi ils auront  leur PAF, et bien nous verrons.

Merci de m'avoir lue les gens, j'écris peu, mais je fais ce que je peux.     

Edit :

 

Avant de me coucher, il m'est revenu une scène de ma classe.

Le soir, pendant l'étude surveillée, j'avais 3 enfants autour d'une table qui s'aidaient pour une dictée préparée.

Il y avait M, très black, I. métissée arabe, superbe, cheveux oranges, et B petit mongol réfugié pas vraiment francophone.
C'était assez marrant de les regarder, rigoler et expliquer à B à leur façon, qu'en français il y a du masculin et du féminin, et que notre langue était bien compliquée.

J'ai toutes les couleurs de peau, de cheveux et toutes les formes d'yeux dans ma deuxième maison. ;)

 Et j'aime                                                                     

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27 mars 2013

http://www.dailymotion.com/video/k6IlTVPFz76a5h3VifU

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23 mars 2013

Affect ou pas affect ?

Il se passe beaucoup de choses dans mon école.

Genre :

- plein d'enfants sans toit pour la nuit, nous avons deux classes spéciales non francophones et non scolarisés, donc plein de réfugiés.

- des occupations de locaux, comme le gymnase pour les héberger une nuit et forcer la municipalité à réagir.

- des engueulades entre militants et collègues fatigués, parce qu'on bosse beaucoup.

- d'autres enfants non migrants, mais en danger aussi, mais eux c'est plus banal, genre : en danger parce que parents barjos, alcooliques ou TOUT SIMPLEMENT sans amour pour leur gosse.

- de jeunes stagiaires (un clin d'oeil aux mecs qui aiment les femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes), absolument canons et en difficulté, car le métier d'enseignant est facile, genre : en larmes intarrissables au moment du déjeuner.

- Tout le cycle 2 en stage, et les stagiaires en difficulté. Genre : seules à un étage, nous le cycle 3 nous sommes à l'étage.

- des collègues fermées à l'informatique, qui refusent de faire leur commande en ligne, prêtes à pleurer tellement ça coince.

 

 

Et moi..........................

Comme je suis on va dire genre : contact facile, tout le monde vient me voir, et comme je suis du genre un peu trop gentille, j'écoute tout le monde.


En passant : j'ai un double niveau qui demande du boulot, genre : deux classes à préparer, puis un décloisonnement en Ce1, comme ça , je me retrouve avec trois niveaux.

 

Résultat :

Je suis crevée, mais je ne vois pas pourquoi, puisque les instits ne travaillent pas et sont payés à ne rien foutre.

Et puis ce n'est pas comme si j'avais des enfants-rois, des parents dans des professions haut placé intellectuellement, ces enfants rois, ne supportent pas de perdre un match de hand ou une erreur dans un bilan.

Un autre arrive en retard car il a dormi dans un squatt à Pétaouchnock.

Puis deux ce matin avec un mot des parents :

"Nous allons avoir un weekend très chargé, machin ne pourra pas apprendre ses leçons"

- Ah bon ? Tu vas où ? (je demande car parfois c'est un enterrement ou une maman malade)

réponse genre : On va à DysneyLand, on dort là bas dans un hotel avec plein d'étoiles............

- Alors la méchante que je suis : ( tu te débrouilles, la leçon est donnée depuis une semaine) Surtout quand un des parents me demande de tout préparer à l'avance car l'un va y passer la semaine.

 

 

ALors, vous savez quoi ?

Ce n'est que mon travail, j'ai une vie à côté.

Je ne suis ni assistante sociale, ni psy, ni directrice.

Je suis avant tout une femme, puis aussi une maman, une grand mère, une copine une amie.
Je reste une instit aussi, je m'éclate dans ma classe.

genre :

-situation d'expérience sur les 5 sens, se déplacer dans la classe les yeux bandés et devoir écrire au tableau la date, l'enfant en question était plié de rire, les autres aussi, et moi en passant

- éducation à l'environnement, c'est quoi être biodégradable, en cours d'histoire, on regarde un diaporama sur des fouilles à Tautavel (préhistoire)

"Maîtresse, pourquoi la peau a disparu et il reste que les os ?

réponse : parce qu'on est biodégradables. Et elle sourit, elle a le sens de l'humour.

- un diaporama sur Vasarely, on s'éclate en Art Visuel.

- pendant que j'installe tout pour le diaporama fait par ma pomme, l'enfant roi impressionné me regarde et dit tout bas : "c'est clair, il faut en faire des études pour ce métier". Ce qui l'impressionne le plus c'est la high tech..................

- réponse à un bilan d'hisoire sur les premiers hommes en préhistoire, là la question : "fais sa description" : réponse : "le géographe regarde les terres de plusieurs kilomètres"

 

Alors il y a des moments de fou rire, des moments de parlotte à la récré avec les copines. Et puis je vais m'acheter un sifflet, car j'en ai marre de parler fort pour être entendue du bout de la cour en cas de presque baston.

 

Voilà, mon affect est rangé chez moi quand je vais à l'école, je suis vilaine, et j'aime bien.

N'hésitez pas à commenter ici, j'aurai moins l'impression de parler à mon écran.

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31 août 2012

Et si ...............................

Je suis prête, archi prête.

Je me suis faite à l'idée d'avoir un CE1/CE2, un niveau pas facile à cheval sur deux cycles, avec seulement le sport en commun.
J'ai bossé cet été, pour me faire un maximum de fichiers d'autonomie, et tout le reste.

 

Et cet après midi, comme je n'avais pas envie de faire du ménage, ni du courrier, je suis passée à mon école, car ma meilleure amie y était.

On se fait la bise, on va faire des courses pour l'école, je grille la plastifieuse,  on admire notre boulot réciproquement, et on rigole de tout et de rien. Bref, un début de rentrée sympa. Je vous l'accorde, j'ai de la chance d'aller au boulot, en me disant que je vais retrouver des copains et copines.

 

Mais tout est prêt, trop prêt.

Les inscriptions se sont poursuivies. Nous sommes au dessus du maximum comme effectifs. Par exemple, une collègue de CE2 en a 34, et moi dans mon double niveau,27. C'est vrai c'est beaucoup.

Mais on le signale depuis des lustres, toutefois, c'est ainsi fait :

le jour de la rentrée, je vais accueillir mes élèves. Des tas de petits papotages avec les parents, certains qui auront flippé, seront contents ou pas d'être avec moi, mais dans l'ensemble ils m'aiment bien.

On va monter dans les classes, s'installer, et les enfants seront comptés comme de la marchandise.

Si le nombre se confirme, nous allons (même si c'est déjà fait depuis plusieurs mois), signaler, faxer, téléphoner, mailer, pleurer, et nous aurons peut être l'ouverture. En principe c'est obligé, mais bon, avec le mammouth, et son copain municipal, on est mal.

Et si on a une ouverture, il va se passer les choses suivantes :

- Casse tête pour recalculer les classes, tout refaire, que des doubles niveaux, plein vont râler, d'autres seront contents. C'est là qu'on voit se côtoyer les syndicaux et les pré-retraités.

- Un matin, après l'appel, je vais devoir annoncer aux enfants qu'ils doivent dégager vider leur casier et changer de classe.

- Certains vont se retrouver avec des camarades qu'ils aiment, d'autres pas.

- Certains vont avoir un maître ou une maîtresse qu'ils aiment ou n'aiment pas.

- Certains seront sur la classe ouverte, pour laquelle, un collègue sera nommé en urgence, et prévenu la veille pour le lendemain, qu'il aura un poste. En plus, c'est souvent à des débutants que sont attribués ces classes.

 

Donc, ça va être le merdier  souk. Une rentrée fatiguante, mais on ne peut pas tout avoir, on la demande cette ouverture.

Personnellement, je m'en fous un peu, je me suis faite à l'idée de ce double niveau, mais les gamins ! Ouch !

Les petits pitchouns ! Je me mets à leur place, et à celle du collègue qui va débarquer ! Sans penser au boulot que ça va nous demander.

 

Vous ne trouvez pas que les mammouths exagèrent ? Car sur ce coup là on en a deux : le national et le municipal.

Il va falloir qu'ils se mettent d'accord, et qu'on gère.

Moi, je trouve que depuis 2 ans qu'on signale ces gros effectifs, ils auraient pu s'en occuper avant, et nous croire.

Mais non, on ne va pas demander à un mammouth, que dis-je, à deux mammouths de faire preuve de souplesse. Ils vont rayer leur jolie moquette avec leurs défenses, en écrasant au passage tout concept de pédagogie.

 

La suite au prochain épisode. À votre avis, ça va donner quoi ?

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24 août 2012

Coup de gueule !

Reprise, reprise, Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! Que n'ai-je tant vécu que pour cette infamie !

 

C'est amusant, comme ces mots restent en mémoire après tant de temps.

Cela étant dit, voici la raison de tant de dépit.

 

J'ai préparé ma rentrée, avec application.

Dans un souhait d'efficacité, et de lisibilité. Merci Word et Google qui sont mes amis.
Merci mon imprimante fidèle bien que coûteuse.

Merci à tous les collègues qui mettent leur travail en ligne, bien qu'il soit en PDF.

 

Bref, ce matin, de bon pied, de bonne heure, enfin selon moi , (midi), je me rends à mon deuxième domicile : mon école.

Je suis chargée de 9 gros classeurs à levier, tous studieusement remplis. Et au moins autant de livres, manuels et autres.

J'ai un double niveau à la rentrée, et il était préférable de bien penser la chose.

Je salue mon directeur, c'est fou ce que nous sommes souriants en début d'année. Et je monte.

J'installe toute ma classe, je transporte l'ordinateur seule, je fais les branchements, et .................... Mot de passe incorrect. Il est vrai qu'avec le mammouth, il faut montrer patte blanche. J'en essaie un autre, assez interdit, mais que je sais valable.

"Votre connection est très limitée, voire inexistante". Alors après avoir peiné pour tout transporté et branché, je lâche l'affaire. Je continuerai chez moi, ou j'essayerai avec un autre câble.

 

Alors, je sors mes classeurs, mon parapheur pour trier mes feuilles à photocopier. Et je descends.

Il n'y a plus de "toner" dans la photocopieuse.

Alors je descends encore plus bas, toujours chargée de feuilles, de classeurs, et j'en passe. Je me dirige vers la photocopieuse du rez de chaussée, réservé à la direction, dont nous avons l'usage, je le branche et .............. Devinez ?

Toner vide.

Le directeur est bien entendu parti. Je pense que l'ambiance à la pré-rentrée va être compliquée sans photocopieuse. Je laisse un mot, et j'envoie un mail.

Mais c'est tout de même frustrant de tout préparer, sans pouvoir installer.

Photocopie ailleurs Isabelle ! Et bien non ! Avec un effectif de 30 et je ne sais combien de matières, cela serait trop coûteux.

 

Autre chose me contrarie.

On m'a sollicitée pour surveiller les études du soir, afin que cela se passe mieux. Il est vrai que c'est un vaste champ de bataille.

J'ai creusé la question. Et bien non, je ne les ferai pas. La place est réservée à une auxiliaire de vie scolaire qui a besoin d'argent, mais qui est totalement inefficace. Genre, les enfants jouent aux billes dans la classe, et les devoirs ne sont pas faits. Les parents râlent et je les comprends.

Alors ma question est la suivante :

L'école est-elle une oeuvre de bienfaisance pour personnes incompétentes ? Ou est-elle gérée avec une seule priorité : les enfants.

Et bien , voilà ma réponse :

- Je surveillerai la cantine, et elle discutera avec les élèves, et le lendemain, les enseignants se fâcheront car les leçons ne seront pas apprises.

J'ai aussi besoin d'argent, mais la cantine, selon moi, c'est plus adapté pour des non-enseignants.

Qu'à cela ne tienne. J'attends qu'il y ait un autre problème, du genre : " Machin et truc se sont sauvés de l'école à 16h30 !"

 

Voilà, cela me contrarie, car j'ai toujours eu du mal à supporter le laxisme, surtout dans ce genre de situation. Alors il va falloir que je gère les leçons ou devoirs, en sachant qu'ils ne seront pas faits, ou que les parents devront se les taper à 19 heures après une longue journée de travail.

 

Je ne vous cache pas que je mesure mes mots, car je suis soumise à un devoir de réserve.

Cela étant dit, je vais aller sur mon canapé, regarder une ânerie à la télévision, et oublier un peu le mammouth.

Bonne rentrée aux mamans, aux papas, et aux enfants.  Je suis bien contente de les retrouver.

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20 mai 2012

Lettre à mon Inspecteur,

Cher monsieur,

 

Par ta lettre du (je ne sais plus), et par ton appel à un de tes potes, j'ai su que j'allais être inspectée par toi.

Et bien je t'attends.

J'ai tout rangé,

vérifié mes corrections

préparé une table et une chaise pour toi, malgré le peu de place qu'il me reste vu que j'ai 30 élèves.

Mes progressions sont faites, ou refaites en fait.

J'ai rempli tout ton questionnaire de 6 pages.

Je vais faire les pourcentages du cahier d'appel, je ne le fais que lors d'une inspection, mais ça tu dois t'en douter.
J'ai aussi préparé le projet d'école qui est totalement bidon,  comme tu me l'as demandé. Et mon emploi du temps.

 

Mais je mets aussi de côté pour toi : (je dis ça, mais je dis rien)

les documents concernant des élèves qui ne savaient pas lire du tout en début d'année

Ceux concernant cette élève handicapée mentale qui est passée à travers les mailles du filet, encore une,

.... Et toute la patience que cela m'a demandé.

Et si tu chipottes sur les aides personnalisées et leur quota, sache qu'à mon avis à 17h, les gamins en ont plus qu'assez.

Sache aussi :

J'ai 56 ans et je ne peux prendre ma retraite, même si j'y ai droit, (mère de trois enfants), mais que 850€ par mois, c'est un peu juste. De toutes façons, j'ai pas envie d'arrêter de travailler.

Ma fille va  bientôt accoucher, et je vais laisser la classe en plan pour aller la voir.

Je n'ai pas un ce1, mais quatre niveaux  : GS, CP, CE1 et CE2 mais ça ausi je ne te le dis pas !

Et je vais faire ces foutues évaluations nationales des CE1 faites pour nous fliquer.

Je dis ça, mais je dis rien.

Voilà, c'est quand tu veux..............................

Même pas mal.

Posté par maitressedecole à 13:24 - Commentaires [3] - Permalien [#]